jeudi 7 mai 2009

Sant'Antonio di Castello

Arco già della Cappella Lando à l'entrée des Giardini Pubblici

En faisant des recherches sur les églises de Venise, en particulier celles qui ont été détruites, je suis allée de découvertes en découvertes. Point de départ: un vestige situé près du Rio di Sant'Isepo (ou Giuseppe) entre le largo Decorati al Valor Civile et le campo di Sant'Isepo juste à l'entrée des Giardini Pubblici.



Souvenir de l’église disparue : une margelle de puits, datant de 1547, sur le campo Sant’Isepo sur laquelle on peut voir trois bas-reliefs représentant Saint-Antoine, Saint-Augustin et Saint-Joseph. Le premier évoque l'église, jadis voisine, qui fut détruite en 1809, suite au décret du 7 décembre 1807 de Napoléon, afin de procéder à l’aménagement des Giardini Pubblici. Ce qui en reste aujourd’hui : l’Arco già della Cappella Lando, œuvre attribuée à Michele Sanmicheli qui fut érigée vers 1542 et reconstruite en 1822. L’arc provient de la chapelle Lando de l’église Sant’Antonio di Castello et en est le seul vestige architectural.

Illustration de Luca Carlevarijs


Histoire de l’église et de son couvent

Ils ont été construits en 1346 à l’extrémité de Castello vers l’île de Sant’Elena. Vincenzo et Girolamo Grimani confièrent en 1518, à Tullio Lombardo (1460-1532), la construction de la nouvelle façade de Sant’Antonio di Castello, église qui devait accueillir notamment le monument funéraire du Doge Antonio Grimani et de leur frère Pietro. Lorsque le cardinal Domenico Grimani légua ses livres au couvent, c’est de nouveau à lui que Marino Grimani s’adressa en 1523, pour dessiner la porte de la nouvelle bibliothèque. En 1687, le couvent ainsi que la bibliothèque qu’il abrite sont ravagés par un incendie. Cette bibliothèque avait été offerte par Domenico Grimani et contenait près de 8000 précieux volumes.


Les oeuvres qu'on y trouvait

Polyptique Lion avec Annonciation, Lorenzo Veneziano, Accademia, Venise


Polyptique de Lorenzo Veneziano représentant une Annonciation à la Vierge que l’on peut aujourd’hui voir à l’Accademia. Annunciazione e Santi detto Polittico Lion (œuvre datée de 1357) Dans le Lorenzetti, on apprend que ce tableau était une commande du sénateur Domenico Lion que l’on trouve représenté en prière dans le panneau central du polyptique. On peut déchiffrer la date de 1357, le nom de l’auteur, celui du sculpteur du cadre, Zanino ainsi que celui du fondateur de l’église Sant’Antonio, Giotto degli Abati.


Panneau central du polyptique


Deux toiles de Carpaccio que l’on peut voir à l’Accademia proviennent de cette église :
Crocifissione e apoteosi dei diecimila martiri del Monte Ararat (1515) et Apparizione dei crocifissi del Monte Ararat nella chiesa di Sant'Antonio di Castello (1512-13). L'intérêt de cette toile réside dans le fait qu'elle montre l’intérieur de l’église.


Il y aurait aussi eu deux autres toiles faites pour la cappella del Santo Sepolcro, partie de Sant’Antonio di Castello, une pala col Cristo risorto che appare alle Marie et un telero con la Natività e Adorazione dei Magi. Ces œuvres datant de 1522 sont aujourd’hui disparues.

Crocifissione e apoteosi dei diecimila martiri del Monte Ararat, Vittore Carpaccio, Accademia

Apparizione dei crocifissi del Monte Ararat nella chiesa di Sant'Antonio di Castello, Vittore Carpaccio, Accademia

Le rêve de Francesco Ottobon, prieur de Sant'Antonio di Castello.

En 1511, durant un épisode de peste, Ottobon s'endort dans cette église en priant Dieu pour qu'il protège ses moines des ravages de la peste. Il fait un rêve dans lequel des dizaines de martyres chrétiens portant des croix entrent dans l'église pour être bénis par Saint-Pierre. À la fin de la procession, il entend une voix lui dire que sa communauté serait sauve. Il s'avéra en effet qu'aucun de ses membres ne contracta la peste. En guise de remerciement, il fait ériger un autel de marbre où trônera une des toiles commandées à Carpaccio.

Cette église a notamment accueilli les tombeaux de deux doges. Ceux de Antonio Grimani, mort en 1523 et de Pietro Lando en 1545.

2 commentaires:

  1. Merci pour cet article très intéressant, très bien documenté, avec de superbes photos. Napoléon n'a pas pris que de bonnes décisions. Bien que je sois contente d'aller à la Biennale ou au musée Correr, je ne peux que regretter la disparition d'une église et la fermeture de la place St Marc peut être discutée: ne peut-on pas s'interroger sur cette volonté d'isoler la Basilique de la ville? Mais je n'ai peut-être rien compris...
    Anne

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  2. Great post. I love the Carpaccio that shows the interior of this church. "Le Chiese di Venezia" (the book I told you about) lists 39 churches that were destroyed in the 19th century. So many!

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