18 avril, 2011

Senza titolo

Pablo s'en est allé...


Pablo c'est mon chat roux adoré qui nous a quittés vendredi. Il restera dans ma mémoire. 

14 avril, 2011

13 avril, 2011

La mer vénitienne


J'ai, il y a quelque temps, fait la découverte d'un très beau livre paru en 2010 et qui s'intitule La Mer vénitienne. Les textes d'Olivier Chaline s'organisent autour des photographies de Jean-Christophe Dartoux.


Voici la présentation qui provient du site d'Actes Sud:

"Pendant des siècles, les Vénitiens ont considéré l’Adriatique comme leur golfe et revendiqué la souveraineté sur les eaux de cette mer que le doge épousait rituellement chaque année. Ils n’en ont pourtant jamais dominé la totalité des rives. L’autorité de la République de saint Marc s’est exercée par intervalles sur les flots et, de manière plus stable, sur différents points de la côte orientale: en Istrie, sur les îles du Quarner, puis sur celles de Dalmatie qui masquent des ports tels que Zara et Spalato. Cet ensemble discontinu était disposé entre la mer et d’abruptes montagnes. Interrompu par le territoire de Raguse, il se prolongeait encore par quelques places dans les bouches de Kotor, tandis que la forteresse de Corfou montait la garde au-delà du canal d’Otrante. L’Adriatique des Vénitiens, c’est d’abord une route maritime que parcourent galères et bâtiments de commerce, le long d’une côte dont le dédale d’îles et de presqu’îles est propice à la piraterie. C’est ensuite un chapelet de places fortes dressant leurs bastions entre les flots et les murailles rocheuses qui barrent très vite l’horizon. C’est enfin des départs de route qui montent vers un arrière-pays invisible et sauvage, terre étrangère dont surgissent l’invasion et la peste mais dont proviennent aussi marchandises et transhumances.
Le monde italo-slave et catholique de ces confins entre terre et mer avait trouvé en Venise sa protectrice face aux Turcs. Longtemps après la disparition de la Sérénissime, sa marque est demeurée: bastions, campaniles, palais, décors d’églises et de maisons témoignent encore de cette domination, d’abord imposée mais finalement regrettée, qui, comme Raguse, fit des eaux de l’Adriatique mieux qu’une frontière: une aire de civilisation vénitienne."

Olivier Chaline, professeur d’histoire moderne à la Sorbonne (Paris-IV) où il dirige le Centre d’Histoire de l’Europe centrale, et à l’université Charles-de-Prague, dirige également l’UMS d’histoire maritime. Son vaste champ de recherches s’étend de l’Europe centrale (thèse sur La Reconquête catholique de l’Europe centrale, XVIe-XVIIIe siècle, 1998) à la France: La Renaissance (2002), Le Règne de Louis XIV (2005), L’Année des quatre Dauphins (2009), La France au XVIIIe siècle (1996 et 2005), La France et l’Indépendance américaine (2008).

Jean-Christophe Dartoux, spécialiste de l’architecture ayant collaboré aux livres de J.-M. Pérouse de Montclos, L’Art de France et Philibert de l’Orme, ou de François Loyer, Histoire de l’architecture française, est un fin connaisseur des Balkans, sensible à leurs paysages et aux décors urbains. On lui doit un remarquable Dubrovnik, avec Nada Grujic (Imprimerie nationale, 2007).

Imprimerie Nationale
Septembre, 2010 / 26.3 x 30.8 / 200 pages
ISBN 978-2-7427-9033-3
prix indicatif : 54,00€



Pour écouter un podcast sur le site de la librairie Mollat:

Fenêtres




11 avril, 2011

Carnet de voyage (10)


17 décembre: Ciel quelque peu nuageux ce matin. Départ traghetto Santa Sofia (debout, mais je n’étais pas fière… je n’ai pas l’équilibre des Vénitiens) direction San Polo. Décidément, j’aurai bien exploré ce sestiere lors de ce séjour (notez que je ne dis pas « à fond », j’ai encore beaucoup à découvrir…).

Entrée de la corte del Teatro Vecchio



J’ai pris la fondamenta dell’Olio, calle del Campaniel, corte di Ca’Michiel, calle del Teatro Vechio et enfin je trouve la corte del Teatro Vecchio avec son vieux puits en marbre rose de Vérone datant du XIIIe siècle, ses vestiges médiévaux et une vieille patère où sont représentés un dromadaire et un autre animal. Je pense à l’instant à vérifier dans les Itinéraires avec Corto, j’ouvre le livre et tombe en plein sur la patère en question : « Bas-relief en marbre des XIIIe et XIV siècles, représentant un dromadaire avec un chien sur le dos » (p.103). C’est mon jour (ou plutôt celui des poubelles…), la grille est ouverte! J’ai donc pu jeter un œil à cette jolie cour depuis le temps que je rêvais de la voir!

Campiello del Forner


Puis me revoilà dans le coin des Carampane, Albrizzi, Sant’Aponal, campiello del Forner, calle dei Muti o Baglioni, corte et campiello del Remer, corte Contarini, corte Scura, rio de le Erbe, j’ai traversé le ponte di Ca'Grimani, un étrange et très long sottoportego au bout duquel j’ai abouti à une cour de l’Université Foscari. Cul-de-sac, je reviens sur mes pas… Je passe à côté de la chiesa di San Polo, traverse le pont San Polo, calle dei Saoneri, rio terà dei Nomboli, calle Centani et campiello du même nom, le joli pont del Traghetto, fondamenta del Traghetto au bout de laquelle se trouve précisément le traghetto qui s’apprête à partir, je m’y précipite! Encore debout, cette fois mes jambes tremblent carrément, je finirai bien par m’habituer…

Corte Contarini

Corte Scura

Rio de le Erbe


Campiello Centani


Ponte del Traghetto


Du traghetto



De l’autre côté du Grand Canal, calle del Traghetto Garzoni, petit détour par la jolie corte del Magazen, retour calle Garzoni, une porte ouverte, une charmante petite cour gothique avec un bel escalier et plein de vieilles patère (probablement la Ca’Garzoni). Je trouve ensuite la salizada San Samuele, la corte Moretta fleurie même en hiver! J’aperçois un drôle de détail sur un mur de la calle Moretta (non loin du 3185A):


Au bout de la salizada Malipiero, un autre traghetto m’attend (San Samuele-Palazzetto Stern), décidément, j’y prends goût! Calle del Traghetto (celle qui mène à San Barnaba), petit arrêt au point internet pour donner des nouvelles à mon mari, puis je découvre un petit bazar, campo San Barnaba (il fait trop froid pour manger un glace chez Grom…), je continue calle Lunga de San Barnaba, calle delle Turchette (mon petit pont fétiche). Tous les Vénitiens que je croise n’ont qu’un mot à la bouche : nevica. « Il va neiger… on annonce de la neige… che freddo!» Je me méfie toujours des rumeurs météorologiques... Je poursuis ma promenade dans le Dorsoduro. À suivre...



Drôle de bazar...

Ponte delle Turchette

05 avril, 2011

Casino Venier


Situé au cœur des Mercerie entre le Rialto et la piazza San Marco, le casino Venier est depuis 1987 le siège de l’Alliance Française à Venise. Un lieu absolument charmant, à peine entrés nous sommes transportés à une autre époque.
J’ai enfin pu visiter cet endroit, qui me faisait depuis longtemps envie, en fin d’après-midi le 16 décembre dernier. Après notre visite des Servi, Hélène et moi avons foncé direction San Salvador afin de voir s’il était possible de visiter le casin. Arrivées sous le sottoportego delle Acque, sous le judas, nous avons sonné. Pas de réponse. Pourtant, l’endroit devrait être ouvert il n’est que 17h. Un autre couple se pose les mêmes questions que nous. Nous discutons un peu devant la porte close et au moment où nous allions partir, une jeune femme arrive à la course complètement essoufflée en s’excusant d’être en retard, qu’elle avait dû remplacer quelqu’un au pied levé… Elle nous dit que nous pouvons visiter, nous la suivons donc.  




« Le casino Venier fut construit, comme son nom l’indique, à la demande du procurateur Federico Venier. La disposition des pièces reprend, à une échelle réduite, la typologie traditionnelle des palais vénitiens, avec un salon rectangulaire central flanqué symétriquement, sur ses deux côtés les plus longs, par d’autres pièces : à gauche, une cuisine et une salle à manger ; à droite, une salle de jeu et un petit salon. La décoration, qui date des années 1750-1760, se compose de planchers en marbre aux motifs géométriques d’inspiration romaine, de stucs, de peintures à fresque, de miroirs, de cheminées en marbre, de portes en palissandre aux poignées en bronze sculpté.
Les ornementations du salon central sont en stucs or et couleurs pastel (rose, vert pâle et ivoire). Sur le plafond, des motifs floraux et des putti entourent le blason de la famille Venier. Les murs latéraux sont scandés par les figures des quatre vertus cardinales et des miroirs, qui servaient à intensifier l’éclairage des chandelles et à amplifier l’espace. Au milieu du plancher, une ouverture secrète permet de surveiller la porte du rez-de-chaussée. Derrière l’escalier d’entrée, se situe la salle des musiciens, séparée du salon par un mur surmonté de grilles, qui laissaient passer le son produit par leurs instruments…tout en donnant la possibilité d’espionner ce qui se passait dans le salon.
Sur le plafond, une fresque ayant pour thème Le Triomphe de Bacchus est entourée de stucs symbolisant les quatre saisons. Un miroir au cadre de bois sculpté surplombe une cheminée de marbre. Le plafond de la première pièce à droite est orné de scènes allégoriques en stucs or et ivoire, où le goût rococo tardif se mêle aux prémices de la rigueur néoclassique. Les murs latéraux ne présentent en revanche aucune décoration. La fresque du plafond de la seconde pièce à droite illustre une Allégorie du Progrès des Arts, discret hommage aux qualités de la maîtresse de maison. La cheminée est ornée de magnifiques faïences de Delft. C’est également dans cette pièce que se trouve le liagò, un petit balcon fermé, d’où l’on pouvait observer discrètement la calle et le pont voisins.
Entre 1977 et 1979, le Comité Français pour la Sauvegarde de Venise a fait restaurer les stucs du casino Venier, noircis par la fumée des bougies et enlaidis par des repeints opérés lors de travaux précédents. Entre 1992 et 1993, les fresques furent nettoyées, ce qui permit de leur rendre une meilleure lisibilité et de les attribuer à Jacopo Guarana et son atelier. Depuis 1987, le casino est le siège de l’Alliance française et l’on peut à nouveau y entendre la langue des Philosophes des Lumières… »




Les casini étaient de petites maisons, souvent au fond des jardins ou encore de petits appartements dans lesquels les nobles se rencontraient pour discuter, manger, se divertir, se reposer, s’adonner aux jeux de hasard entre autres choses… À la chute de la République, Venise comptait encore 136 casini privés. Celui-ci était administré par Elena Priuli, épouse du procurateur de Saint-Marc Federico Venier, une noble dame cultivée. Je ne suis malheureusement pas encore arrivée à trouver plus d’information sur elle.
Quelques détails : Il existait une sortie secrète, dissimulée derrière de fausses armoires, donnant sur la calle di Mezzo par laquelle on pouvait discrètement quitter les lieux sans repasser par le vestibule d’entrée. Ce genre de dispositif était fréquent.







Judas

Claires-voies permettant d'écouter les musiciens sans les voir





 
Informations pratiques :
Adresse : 4939 SM, Ponte dei Baretteri
Heures d’ouverture: 9h-13h et 15-18h
Pour une visite complète, il vaut mieux réserver car parfois certaines salles ne sont pas accessibles.