jeudi 23 juin 2016

Nouvelle parution



Merci à Cothraige pour l'information : )

Les 100 mots de Venise aux P.U.F.

Résumé
Savez-vous comment devenir citoyen de Venise en période de crue ? Connaissez-vous la vraie recette du spritz et ce que le carpaccio de bœuf doit au peintre Carpaccio ? Savez-vous ce que sont les nizioleti, que vous rencontrerez pourtant à chaque coin de rue ?
Pour vous accompagner dans votre visite ou en guise d’invitation au voyage, Olympia Alberti, en amoureuse, en poète et en épicurienne, vous confie 100 clefs permettant d’apprécier dans toute sa splendeur l’art vénitien, qui est aussi un art de vivre.
Suivez le guide. Ici, on croise les fantômes de Byron et de Casanova, du Titien et de Véronèse, de Vivaldi et de Marco Polo. On apprend à maîtriser les codes du carnaval et à reconnaître le son de la Marangona, la cloche la plus grave du campanile. Au terme d’un parcours qui tient tous les sens en éveil, vous aurez percé quelques secrets de la Sérénissime, dont le mystère reste inépuisable…

Que sais-je? s'embellit pour raconter l'âme vénitienne
Guide. La poétesse et sémiologue Olympia Alberti signe un abécédaire mirobolant dans la célèbre collection didactique des Presses universitaires de France.

Par Gilbert Salem

Venise est bien plus qu’un joyau urbanistique qu’un tourisme hypertrophié endommage. Elle est un phare historique, un ancien empire colonial qui a laissé des traces un peu partout en Méditerranée, ainsi que dans d’innombrables publications. Française née à Antibes, la poétesse, romancière et linguiste Olympia Alberti connaît et aime la Cité des Doges, comme si elle y avait longtemps vécu. Au risque de quelquefois la raconter, avec charme (et mordache, comme on dit chez nous) à la première personne. Le déclinant selon l’ordre alphabétique, à l’instar de dictionnaires amoureux en vogue, elle a festonné son ouvrage de A à Z, en donnant libre cours à sa fantaisie épicurienne, que charpentent des précisions vérifiées.

Ses 100 mots de Venise s’ébauchent, sans surprise, par le mot amour, «l’autre nom de Dieu», écrit-elle, en levant un verre de Spritz – à base de vin blanc pétillant et de Campari – à Vivaldi. Il s’achève par un verbe très vénitien, qui peut être substantivé: zattere, équivalent vernaculaire de l’italien universel passeggiare, dont découle la rituelle passeggiata. Soit une promenade en ville après la sieste.

De Carpaccio au carnaval

Entre ces deux termes, pas si dissemblables, Olympia rebondit d’initiale en initiale pour nous émerveiller des opéras de Bellini, du théâtre de Goldoni, des peintures de Tiepolo, Canaletto, Véronèse; autant de maîtres anciens qui ont été à l’origine de la modernité des œuvres exposées depuis 1895 dans une biennale au retentissement international.

Elle honore bien sûr Carpaccio le peintre, mais aussi le carpaccio de bœuf, dont la rougeur crue des lamelles serait un hommage gastronomique aux crépuscules flamboyants du paysagiste. Au passage, elle décortique l’esprit du carnaval vénitien. Vous saurez que son étymologie dérive du verbe carnelevare, «ôter la viande».

Résistance à Internet

Ce nouveau guide de Venise, au discours délibérément enjoué, paraît dans la collection Que sais-je?, fondée en 1941 aux Presses universitaires de France (PUF) par Paul Angoulvent à l’intention surtout des écoliers et des universitaires. Des opuscules en format poche respectant des critères traditionnels: concision, précision et austérité. La série se ferait-elle enfin attrayante pour appâter un lectorat moins intello? Celui-ci lui préférerait-il des encyclopédies en ligne gratuites, et tout aussi performantes?

Selon une porte-parole des PUF, la concurrence de Wikipédia n’a pas duré: «Au début d’Internet, la collection a su résister en développant un catalogue numérique: tous les Que sais-je? sont disponibles en e-publications dans toutes les bibliothèques universitaires par le biais du bouquet CAIRN (ndlr: un portail de consultation lancé en 2005). On constate une défiance accrue à l’égard des informations disponibles sur Internet. Nous tirons notre épingle du jeu en nous appuyant sur la parole des experts, sur une politique d’auteurs exigeante et un savoir systématiquement vérifié, contrôlé et autorisé. En 128 pages, c’est toujours la garantie de faire le point sur les connaissances actuelles et d’acquérir un savoir précis et exact en peu de temps.»

Les 100 mots de Venise
Olympia Alberti
PUF, 130 p.

(TDG)



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