dimanche 29 juillet 2012

Lettres de Venise



Voici un très joli recueil de courts textes accompagnés de dessins de l’auteur, petits instants de vie vénitienne saisis sur le vif, perceptions de celui qui découvre cette ville si particulière. L’auteur précise en ouverture que ces textes doivent être lus comme des « lettres ouvertes » et non des Mémoires. « Images ramassées au cours de mes découvertes, de mes flâneries, de mes rêves aussi. » Petits instants de pur bonheur auxquels celui qui a déjà visité la ville s’identifiera sans peine.


Ces Lettres paraissent dans la très belle collection « L’Écrivain voyageur » aux éditions La Bibliothèque qui produit de magnifiques petits livres très soignés, beau papier, belle mise en page. Un véritable plaisir pour celui qui aime les beaux livres. À signaler dans la même collection : Venise de Jean Lorrain et Récits vénitiens d’Henri de Régnier.

« Comment peut-on y venir pour la première fois? J’arrive vierge à Venise, avec une impression de la connaître. C’est une illusion. Est-ce la faute de mes prédécesseurs qui ont provoqué cet attrait? J’ai, avant de partir, laissé ma bibliothèque vénitienne bien rangée dans ses rayonnages, décidé à les oublier et désireux de m’approprier, à mon tour, la Cité des Doges. Il m’est impossible, malgré tous mes efforts, de les négliger. Ils reviennent sans cesse à la charge, non pas, semble-t-il, par envie mais afin de me guider discrètement et me conduire dans les lieux qu’ils ont aimés et décrits. » (p.7-8)

« Je n’aurai pas la prétention, même avec un bon sens de l’orientation, de me diriger sans faillir dans le Castello. Il convient de réfléchir, bien se repérer sur le plan que l’on sort de sa poche avant de partir en exploration, et se précipiter avec l’assurance de celui qui connaît son chemin jusqu’à ce que l’on se heurte à un rio sans pouvoir le franchir, voire à un campiello qui ne mène nullement là où l’on souhaitait se rendre. » (p.115)
    

Quatrième de couverture : « Les rivières sont des chemins qui marchent et qui portent où on veut aller. » Que dire de Venise entièrement sur l’eau? Dans quel passé nous transporte-t-elle et comment se mêler à ce peuple étrange qui ne cesse de marcher sur une terre seulement soutenue par des pieux en bois? Il y a la parenthèse de Venise, une mise en branle du monde, un tangage bien à elle. Musique, décor, miroir, voix d’opéra. Orphée rencontre Neptune. Tiepolo peint les ciels des palais. Bertrand Galimard Flavigny y séjourne, l’apprivoise. Heureuse familiarité.

4 commentaires:

  1. Belles illustrations de ces textes choisis... un pur moment de dépaysement. Merci!

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  2. Merci de m'avoir permis de découvrir cette collection que je ne connaissais pas. Je sens que je vais y découvrir des pépites.
    Bonne semaine.

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  3. Je suis dedans...grâce à vous: je l'ai vu annoncé sur le côté du blog.
    Une belle lecture en effet.On tourne les pages avec tranquillité, la chaleur du moment permettant ces moments d'arrêt sur les most.
    Belle semaine
    Martine de Sclos

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