jeudi 30 septembre 2010

Saint Magne et les églises vénitiennes


À côté de la Maddalena

Saint-Magne et les églises vénitiennes
À propos de la fondation des autres églises du sestiere de Castello, grâce auxquelles les légendes existent, rappelons celle de Santa Maria Formosa, déjà évoquée dans l’histoire des Marie. On raconte que la Vierge en personne est apparue à saint Magne, évêque d’Oderzo (la ville détruite par Rotari, roi des Lombards, en 637), et lui ordonna d’élever une église là où il aurait vu s’arrêter un petit nuage blanc. Construire sur la base de ces instructions originales, l’église fut dédiée à la « Purification de la Bienheureuse Vierge Marie », mais est depuis toujours appelée église Santa Maria Formosa en mémoire de la forme vague et magnifique sous laquelle la mère de Dieu apparut au saint. Bien avant la Vierge Marie, saint Pierre était apparu à l’évêque Magne et lui avait ordonné d’élever une église la où il avait vu des bœufs et des moutons paîtrent ensemble : c’est ainsi que naquit San Pietro di Castello, sur l’île d’Olivolo.
Oratorio dei Crociferi, campo Gesuiti

L’archange Raphaël lui apparut également et lui demanda d’ériger une église là où il verrait se rassembler une multitude d’oiseaux; ce qui se produisit à Dorsoduro, précisément à l’endroit où saint Magne fit par la suite bâtir l’église de San Raffaele Arcangelo, l’Anzolo Rafael pour les Vénitiens. Le Christ en personne, de même que sa mère, aurait demandé au saint d’en élever une autre au centre de la ville naissante, là où il aurait vu planer un nuage rouge : c’est là, à quelques pas du Rialto, que naquit San Salvador. Mais ces apparitions, à l’origine de certaines églises parmi les plus célèbres de la ville, ne sont pas les seules qu’eut saint Magne. C’est à l’apparition de saint Jean-Baptiste en personne que l’on doit en effet l’église de San Giovanni Bragora et cette de San Zaccaria. Puis il y a celle de Santi Apostoli, évoquée dans le chapitre sur Cannaregio, et c’est toujours dans ce sestiere que se déroula la vision qui porta à la construction de l’église de Sant’Alvise : au cours du XIVe siècle, ce fut saint Ludovic, évêque de Toulouse, qui se présenta à l’aristocrate Antonia Venier avec la requête suivante : faire ériger un temple en son nom. (p. 109 Veneziaenigma, d’Alberto Toso Fei)

Huit églises de Magne :
Anzolo Rafael
San Giovanni in Bragora
San Salvador
San Zaccaria
Sant’Alvise
Santa Giustina
Santa Maria Formosa
Santi Apostoli


Rio dei Santi Apostoli

Détail


mardi 28 septembre 2010

Monterverdi et les Vespres

Sur France Musique cette semaine (merci à Françoise pour l'info!)

Grands compositeurs: Monteverdi et les Vespres


illustration


« La musique ne s’attache pas seulement à souligner les intentions du texte ; elle doit lire plus avant. » écrivait Monteverdi en forme de manifeste pour une nouvelle musique. Ses « Vespres de la Vierge » de 1610 sont elles aussi un manifeste, musical et religieux. Des Vespres mariales purement catholique, emblême d’une Contre Réforme triomphante, dans une ville, Venise, qui est alors la Porte de l’Orient… Mais 400 ans après, comment écouter les Vespres de celui que l’on a appelé « le divin Claudio » ? La partition ne cesse d’être repensée par les interprètes, de Gardiner à Kuijken, de Tubéry à Mencoboni.

1/ « A la porte de l’Orient »
ou les liens improbables entre les musiques modernes de la Venise du début XVIIè et l’Orient méditerranéen
2/ « La voix d’une foi »
Monteverdi et ses partitions religieuses, dont la « Selva Morale e spirituale »
3/ « Sur les pas d’Orphée »
avec l’Orfeo selon Monteverdi (dirigé par Hindemith ou Harnoncourt), mais aussi vu par quelques autres…
4/ « Vespres mariales »
avec Palestrina, Gombert et une intégrale des Vespres de Monteverdi…
5/ « D’autres chants à Marie »
avec des Vespres de Virgilio Mazzocchi, Alessandro Mélani, Alessandro Scarlatti…

http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/compositeurs/emission.php?e_id=65000047&d_id=420000404&arch=1

Corte del Calderer


Pour en savoir plus, lire le billet de Fausto

lundi 27 septembre 2010

vendredi 24 septembre 2010

Derrière la grille...

Un mystère pour moi aussi...

Quelques heures plus tard...
Oh, ça me revient maintenant! La raison pour laquelle j'ai photographié
en léger contre-plongé. Pas de jardin derrière la grille, du dallage... On
aperçoit la Ca Bembo, pavillon de l'université Ca' Foscari. Le jardin est
plus loin au fond et il est immense. Il contient au moins deux margelles
de puits. L'entrée est au 1075 fondamenta Toffetti. Peut-être
est-il possible de visiter le jardin quand il y a des cours. À vérifier en décembre...

mercredi 22 septembre 2010

Promenade insolite


En janvier 2009, alors que j’explorais les alentours du Conservatoire Benedetto Marcello (Palazzo Pisani 2810 SM, campo Pisani non loin du campo Santo Stefano), je me suis aventurée dans un étrange sottoportego où j’ai rencontré une statue vandalisée et au fond duquel on trouvait une porte d’entrée. Croyant qu’il s’agissait d’une impasse, j’ai rebroussé chemin pour aller jeter un œil à la minuscule cour Barbaro qui contient une margelle de puits. Puis, plusieurs mois plus tard, lors d’une promenade virtuelle sur le site de Venice Connected, j’ai découvert que le fond de ce sottoportego n’était pas un cul-de-sac, qu’en allant jusqu’à la porte on pouvait continuer en tournant à gauche!

Entrée du portico

Statue dans le portico Pisani


Portico Pisani

Donc, à partir du campo Pisani, il faut emprunter le ramo Pisani. À droite, le sottoportego menant à la petite Corte Barbaro; à gauche, le portico Pisani, où l’on peut voir la statue de femme vandalisée, puis au fond à gauche le sottoportego Pisani d’où vous pourrez apercevoir la cour intérieur de Palazzo Pisani (conservatoire de musique). Au bout du sottoportego, la calle Ca’ Genova qui mène au Grand Canal.

Statue dans le sottoportego Pisani

Photo de Do, cour intérieure du Palazzo Pisani


Calle Ca'Genova en allant vers le Grand Canal

Calle Ca'Genova en direction du Palazzo Pisani


lundi 20 septembre 2010

Éternel retour



« Encore une fois, en cette lumineuse fin de printemps 1999, ma très chère Venise, où depuis une trentaine d’années maintenant, je n’en finis pas de revenir, de plus en plus souvent au fur et à mesure que je vieillis. Oui, c’est désormais une sorte d’obligation, d’obsession même. Un sentiment d’urgence, et aussi d’imperfection, d’inachèvement. Comme si chaque fois que je la quittais, le cœur serré, j’avais l’impression de ne pas avoir été à la hauteur et d’avoir manqué son secret qui se serait, une fois de plus, dérobé à toutes mes patientes recherches. Dès que je me retrouve avec mes lourds bagages remplis de livres d’art à la Stazione Santa Lucia, prenant un ultime cappucino avant de consommer douze heures plus tard, à la gare de Lyon, un de ces détestables cafés septentrionaux, si dilués et si âcres, j’ai conscience que cette énième visite n’était pas encore la bonne. Il faudra donc que, le plus vite possible, je revienne, je revoie ses calli, ses campi et ses rii, que je refasse en détail tous ces itinéraires déjà cent fois parcourus, et pourtant toujours aussi déroutants et mystérieux. Comme si l’enchantement de la Sérénissime se mesurait dans mon cas – mais je ne crois pas être le seul à éprouver pareille sensation – à l’aune même de mon impuissance à en rendre vraiment compte… Insaisissable Venise qui semble n’avoir d’autre but que de décevoir l’empreinte et l’emprise de l’écriture. C’est sans doute la raison pour laquelle nous sommes si nombreux de par le monde à ne jamais cesser d’y retourner et de la réécrire, toujours la même et toujours si différente. »
(p.9-10, Alain Buisine, Cènes et banquets de Venise)

mercredi 15 septembre 2010

Terrazzo


Terrazzo ou pavement à la vénitienne. "Type de pavement classique employé pour les intérieurs, constitués de fragments de marbres de formes, de couleurs et de granulométries variées, semés sur une couche de chaux ou de mortier et poncés pour obtenir un revêtement parfaitement lisse. Il est bien adapté, grâce à son élasticité et à sa légèreté, à la structure des édifices vénitiens. La technique des terrazzi – c'est ainsi que l'on désignait les artisans qui réalisaient ce type de pavement – était considérée comme un art dont on se transmettait jalousement les secrets de pères en fils; certains de leurs descendants les ont conservés jusqu'à nos jours."


Toutes les photos présentent des fragments du terrazzo de la Scuola San Giovanni Evangelista



" La complexité du travail d'un simple terrazzo de revêtement à la vénitienne nous a été transmise par les indications de l'architecte Giovanni Vettori, en 1754, et l'on peut la résumer ainsi: premièrement, disposer sur le sable les éléments "bien enfoncés"; deuxièmement les recouvrir d'une couche d'un mélange composé de chaux et d'"éclats de cailloux de n'importe quelle montagne" forts et durs, mêlés à des briques ou des tuiles bien pilées, pour une épaisseur et un poids d'environ quatre onces – couche régulièrement étendue, aplanie et battue; troisièmement, une fois cette couche, plus fine consolidée, dite "couche de fond", constituée de chaux à base de cailloux, de petits fragments de marbre fin et tacheté et de poussière de brique, triturés ensemble. Étendue et nivelée sur toute la surface, cette préparation doit être une ou deux fois par jour, pendant un mois, "vigoureusement" battue et rebattue avec des outils adaptés, uniformément dans toutes les directions. Une fois séchée et solidifiée, elle sera aplanie et lissée une fois avec un pâte colorée, puis deux fois de suite avec de l'huile de lin. La qualité des pavements pouvait être de trois catégories: inférieurs ou populaire, moyenne et de qualité "forte et apparente". (p.67-68, L'Art décoratif à Venise)



Texte extrait de Pavements de Venise de Tudy Sammartini, éd. Herscher.


lundi 13 septembre 2010

Calle dei Bombardieri

Sainte Barbara de Palma le Vieux, église de S. Maria Formosa

Un petit extrait des itinéraires de Corto Maltese : « Revenons sur nos pas en traversant le pont et prenons la Salizzada di San Francesco. Tout de suite à droite, franchissons le Sottoportico dei Bombardieri pour découvrir juste en face une belle patère représentant sainte Barbara, debout sur un canon. L’étroite ruelle qui mène à la Salizzada San Giustina en cache deux autres, en bon état elles aussi. Au XVIe siècle, la confrérie des bombardiers construisit ses maisons ici même et bâtit l’autel de l’église Santa Maria Formosa, dédiant un beau retable de Palma le Vieux à leur sainte patronne. À la fin de la République, ils assuraient pratiquement à eux seuls les fonctions de gardiens de la paix. »





samedi 11 septembre 2010

jeudi 9 septembre 2010

Scuola dell'Angelo Custode

Façade

Vers la fin de mon séjour en mai dernier, j’ai fait une découverte inattendue. En arrivant près du campo Santi Apostoli j’ai vu que la porte de la Scuola dell’Angelo Custode était ouverte! Ce qui ne s’était JAMAIS produit lors de mes visites précédentes. Ni une ni deux, me voilà à l’entrée pour demander si je pouvais visiter l’endroit. Une sympathique jeune femme m’a fait faire le tour. J’ai pu monter à l’étage pour admirer les tableaux qui décorent la chapelle. Au-dessus du maître-autel, un retable de Sebastiano Ricci (1659-1734) intitulé Vergine in gloria e l’Arcangelo Raffaele. On peut également voir un tableau de Titien (ou de l’école du Titien, ce n’est pas clair) Cristo benedicente (1551) qui provient du Fondaco dei Tedeschi et qui fut transféré vers 1813 lorsque Napoléon a fait fermer le Fondaco.
L’édifice a été réalisé sur un projet d’Andrea Tirali (1657-1737) vers 1713 pour accueillir la Scuola dell’Angelo Custode créée en 1557 (ou 1657, j’ai trouvé les deux) et dont l’autel se trouvait dans l’église des Santi Apostoli. La Scuola fut abolie en 1806 sous l’administration napoléonnienne et l’immeuble fut racheté par un marchand Allemand, Sebastian Heinzelmann qui l’offrit à la communauté protestante en 1813 qui y installèrent leur église évangélique luthérienne (une des trois églises protestantes de Venise). La communauté luthérienne de Venise est la plus ancienne en Italie notamment parce que Venise a été un des principaux centres d’imprimerie et que c’est là que les écrits de Martin Luther furent imprimés et distribués.
Sur la façade, on peut voir une statue d’Heinrich Meyring représentant l’Ange Raffaele accompagné du petit Tobie (1714) dans une niche située au-dessus du portail.
Autre détail, on trouve à l’étage un orgue qui a été offert à l’église par Wilhelm II en 1896.

La Scuola est ouverte les mardis matin 10h30-13h.




Chapelle avec retable de Sebastiano Ricci

Retable Sebastiano Ricci

Plaque à la mémoire de Sebastian Heinzelmann

Orgue


jeudi 2 septembre 2010

Bon voyage Linda!



Souvenir de ma première arrivée par la lagune

Je souhaite un très beau premier séjour vénitien à Linda qui partira demain!
Buon viaggio!

mercredi 1 septembre 2010

Bon séjour Danielle





Encore un petit jour avant le départ!
Je te souhaite un merveilleux séjour là-haut,
plein de belles découvertes et beaucoup de bonheur.
Buon viaggio!!