mardi 12 janvier 2010

Quand Paris prenait des airs de Venise...




Une exposition vient de prendre l'affiche à la Galerie des bibliothèques: Paris inondé 1910




Voici des extraits du texte de présentation:

La mémoire de l’inondation de 1910 ne s’est jamais éteinte, certes à cause de son ampleur, mais aussi en raison de la médiatisation sans précédent dont elle a été l’objet. Elle est la première catastrophe de cette envergure dont les nouveaux médias ont pu s’emparer : la photographie d’actualité, servie par des agences de presse structurées, la carte postale illustrée, la presse à grand tirage illustrée de photographies, le cinématographe.Servie par son aspect spectaculaire - esthétique ou pittoresque -, l’inondation de 1910 nous a été transmise par des milliers d’images, déclinées en albums souvenirs ou en séries prolifiques de cartes postales photographiques, devenues rapidement objets de collection. Ces images et ces documents nous dressent le portrait étonnant d’un Paris éphèmère, tour à tour drôle et dramatique.Les cartes postales de cette époque, source iconographique irremplaçable, sont consultables dans l’exposition depuis une borne interactive présentant le territoire parisien indexé en plus de 300 rues inondées en 1910. Le public peut ainsi visiter virtuellement son propre Paris transformé par la crue.

En janvier 1910, Paris connaît durant une « semaine terrible » une inondation exceptionnelle, provoquée par des conditions météorologiques exécrables, la plus importante de son histoire après celle de 1658. L’eau, empruntant les voies récemment ouvertes souterraines et de surface destinées aux transports et aux égouts, débordant de la Seine ou surgissant du sous-sol, gagne les quais et les rues limitrophes, remontant jusqu’à la gare Saint-Lazare. La capitale, inondée dans douze arrondissements et plusieurs centaines d’artères, offre alors un aspect inédit, qui la fait surnommer « Paris-Venise ». Comme un spectacle, l’inondation draine la foule des curieux, et le nouveau paysage urbain attire les photographes et les peintres.Paris est frappée dans sa modernité même : les transports en commun, les égouts, l’électricité, le ravitaillement et les communications sont paralysés ou désorganisés. Une gestion de fortune se met en place : on construit des parapets, on édifie des passerelles, on circule en barque, on rentre chez soi en échelle, on déménage… Les services parisiens renforcés par l’armée et ses canots se mobilisent très vite pour maintenir le fonctionnement des activités fondamentales et organiser les secours. Car si l’inondation amuse lorsqu’elle touche les habitants des hôtels particuliers des « beaux quartiers », elle frappe plus dramatiquement les classes populaires et des milliers de sinistrés perdent leur travail, leur logement et leurs biens. Un formidable élan de solidarité se fait jour, dans toute la France comme à l’étranger. Des souscriptions, des soupes populaires et des asiles apportent leur soutien aux victimes. Sans susciter de crise majeure ni de remise en cause des pouvoirs publics, l’inondation gagne le débat politique, de Jean Jaurès au courant catholique. Après le 28 janvier 1910, s’amorce la décrue. L’heure est à la désinfection, à la lutte efficace contre les risques d’épidémie, aux réparations, à la remise en marche des transports et des services qui prendra parfois plusieurs mois. C’est également l’heure du bilan des dégâts, chiffrés à 400 millions de francs-or, et presque aussitôt celle des leçons à tirer pour l’avenir.

Source: http://www.paris.fr/
Les images proviennent du site: http://www.inondation1910.paris.fr/


Informations pratiques:
Galerie des bibliothèques - Ville de Paris: 22, rue Malher Paris 4e Métro : Saint-Paul
8 janvier – 28 mars 2010 du mardi au dimanche de 13h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Tarif :4 € / 2 € tarif réduit

Commissaire de l’exposition : Emmanuelle Toulet, responsable de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, avec la collaboration de Carole Gascard, conservateur responsable des collections iconographiques à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.
Scénographie : Gaëlle Seltzer, avec le concours du Génie Civil.
Graphisme : Hervé Hauboldt
Production : Paris bibliothèques http://www.paris-bibliotheques.org/

Visites commentées de l’exposition Chaque jeudi à 15h
Tarif 9 € incluant l’entrée à l’exposition
Réservation au 01 44 59 29 60 du mardi au dimanche de 13h à 19h


10 commentaires:

  1. Ce sujet est vraiment original, merci beaucoup, a presto !

    RépondreSupprimer
  2. Assez extraordinnaires ces photos. Un siècle !
    Une superbe expo, je suppose...

    RépondreSupprimer
  3. Paris avec l'acqua alta est inhabituelle et ressemble un peu à Venise. J'espère qu'un autre événement similaire ne se reproduise pas dans la Ville Lumière.
    Bonne journée!
    Fausto

    RépondreSupprimer
  4. Merci AnnaLivia, pour ce billet et pour ces beaux documents.
    J'ai connu, je crois en 1955, j'étais petite fille, une crue de la Seine, qui fut aussi très importante, mais qui n'a pas atteint notre quartier du 14e. Mon oncle et ma tante habitaient quai de Grenelle, près de la Tour Eiffel. Nous pouvions voir de leurs fenêtres, la Seine qui envahissait la voie ferrée et les quais. Toutes les caves étaient bien entendu inondées et l'apparition des rats qui se réfugiaient jusque dans notre quartier. La concierge de notre immeuble avait été attaquée par l'un d'entres eux...
    bonne journée
    Danielle

    RépondreSupprimer
  5. J'adore les expos à la BHVP. Tu m'as donné l'envie d'y aller. C'est drôle, parce que je n'en avais pas du tout entendu parler avant de lire ton billet. Comme quoi, ce sont toujours les cordonniers qui sont les plus mal chaussés!

    RépondreSupprimer
  6. C'est amusant je suis entrain de lire un livre qui se passe à cette époque et qui évoque pendant un chapitre justement les crues de 1910.

    RépondreSupprimer
  7. Autour du puits: De quel livre s'agit-il?

    RépondreSupprimer
  8. Tatiana vient de terminer un devoir sue la géologie de Paris...et comme Paris est un gruyère l'auteur du site sur lequel elle travaillait, avait cité la crue de 1910. Une autre semblable et Paris s'effondre comme un château de sable !
    Merci pour l'information.
    J'ai vu Catherine hier après-midi.

    RépondreSupprimer
  9. Surtout ne pas se fier au titre ni à la couverture plutôt mièvres qui ne rendent pas justice à cette biographie romancée sur Frank Lloyd Wright: Loving Frank
    Je vais faire un billet très prochainement sur ce livre

    RépondreSupprimer
  10. Merci Françoise, je vais suivre cela.

    RépondreSupprimer